Le seuil sans ressaut, une plus-value pour tous !

Un communiqué de presse du Centre suisse spécialisé pour l’architecture sans obstacles sur le symposium "Seuils de portes fenêtres sans obstacles". ASSA ABLOY (Suisse) SA était représentée par la marque Planet avec ses joints à abaissement.

Le Centre suisse spécialisé pour l’architecture sans obstacles s’est adressé à un large cercle de spécialistes lors du symposium sur les seuils de porte-fenêtre sans obstacles – organisé le 21 septembre 2020 au Museum für Gestaltung à Zürich. La discussion y a été amorcée, car la réalisation est loin d’être satisfaisante.

Les dernières études de la Confédération montrent qu’il y a depuis l’an dernier davantage de personnes âgées que de jeunes dans presque la moitié des cantons. Et la tendance est croissante ! Ces changements de configuration générationnelle ont un impact concret sur nos besoins en habitation et ainsi sur les exigences constructives. Qui envisage aujourd’hui encore de construire des seuils de porte-fenêtre avec un ressaut ? D’un point de vue de la durabilité sociale, les habitations ne peuvent être adaptées à la société future que si elles génèrent une plus-value pour tous, quelle que soit la phase de vie considérée.

Depuis 2009, la norme SIA 500 fixe la hauteur de seuil maximale à 25 mm. Les changements sociétaux forcent cependant à considérer le seuil sans ressaut plutôt en tant que détail standard de la norme – et cela pas seulement dans les appartements pour personnes âgées. Depuis sa fondation en 1981, le Centre suisse s’implique pour les personnes en situation de handicap pour qu’elles puissent décider si elles désirent vivre en famille, en couple, seule ou en collocation, et cela jusqu’à un âge avancé. Pour améliorer leurs chances sur le marché d’habitation, tous les logements doivent être conçus conséquemment de manière adaptable. Lors de la mise en œuvre de seuils de porte-fenêtre sans obstacles en général et de logements adaptables en particulier, il y a besoin d’un changement de paradigme, comme l’a montré la discussion lors du symposium.

Casse-têtes névralgiques

Roman Brantschen, bureau Adrian Streich Architekten AG, Urs Spuler, président de la commission technique SIA 271 et Roland Bick, conseiller en construction sans obstacles (BKZ)  ont introduit le thème en parlant de leurs expériences respectives et ont participé à la table ronde avec Jan Munzinger, Losinger Marazzi, et Remo Petri, Procap. Ancien directeur du Centre suisse, Joe Manser y a tenu le rôle du modérateur. Cette ronde de discussion a fait ressortir les points pouvant être des casse-têtes : des solutions techniques existent déjà non seulement pour le seuil minimal de 25 mm, mais aussi pour celui sans ressaut. Tous les fabricants de fenêtres présents le confirment. Lors de la pause, leurs produits ont fait l’objet d’échanges techniques intenses et fructueux avec les participants du symposium. Il en ressort que les problèmes possibles résultent plutôt d’une coordination et communication insuffisantes concernant les différentes interfaces et procédures de mise en œuvre, ce qui fait partie avant tout de la responsabilité des architectes ou autres planificateurs.

La collaboration précoce entre les différents corps de métier est ainsi déterminante. Pour une interface si complexe comme les seuils, cela est toujours plus essentiel – car le détail du seuil implique des dépendances constructives, qui ont des conséquences jusqu’au gros-œuvre, bien que leur mise en place soit plus tardive dans le processus de construction. Comme le montrent les expériences des différents participants, il n’est pas rare que le détail du seuil de porte-fenêtre fonctionne dans la phase de planification, mais se révèle comme problématique plus on avance vers la réalisation.

Ainsi, il est nécessaire de décrire le détail d’une façon correcte et si précise pour qu’il ne soit pas possible pour l’entrepreneur de le remplacer par la suite par des solutions « moins chères ». Pour ce faire, une régulation claire par l’intermédiaire de la norme SIA – actuellement en révision et définissant dans les meilleures des cas le seuil sans ressaut en tant que détail standard – peut s’avérer très utile. Cette interdépendance a cependant un certain impact sur les coûts globaux. Le prix des seuils de portes-fenêtres ne doit pas être considéré séparément lors de l’octroi des travaux et de l’évaluation des coûts, car le choix du produit a un impact sur les coûts du gros-œuvre, de la structure du sol, du revêtement et de l’étanchéité et sur les interactions entre les corps de métiers.

Créer des marges de manœuvre

À la surprise générale, la marge de manœuvre à disposition de l’architecture est plus importante que supposée : « En effet », dit Urs Spuler, « malgré les normes, le bon sens reste capital pour trouver des solutions constructives.  La théorie permet juste de fixer un cadre général, tandis que –  chaque construction étant un prototype – des détails innovants ne peuvent être trouvés qu’en concevant et en recherchant des solutions particulières ». Le maître de l’ouvrage a également une influence déterminante sur ce détail : il devrait être conscient qu’en choisissant un revêtement du sol pour la terrasse ou le balcon, ce choix a un impact sur le détail de seuil et sur les coûts.

Pour conclure : en prenant tous ces aspects en compte, le détail de seuils sans ressaut a de fortes chances de devenir le nouveau standard permettant d’inclure toutes les générations et toutes les situations personnelles, une solution combinant durabilité et nécessité. Lors de la révision de la fiche technique n° 031 « Seuils de porte-fenêtre », le Centre suisse prendra en considération les réflexions et résultats de ce symposium et publiera ce document probablement en janvier 2021 (première version disponible ici) avec pour but de soutenir les architectes lors de la conception et réalisation d’accès sans obstacles à des espaces extérieurs et des balcons, et dans le futur de prendre les bonnes décisions et mesures, et ce au bon moment.